Communiqué de presse France Assos Santé du 6 novembre 2020

COVID-19 : Protégeons les personnes à risque !
Un enjeu majeur de santé publique et de responsabilité politique

A l’heure du déferlement de cette deuxième vague de la Covid-19, un nouveau confinement est imposé aux Français qui sont appelés à limiter leurs contacts, voire pour certains à fermer leurs commerces et leurs entreprises.

La France est le pays le plus touché par la Covid-19 en Europe avec 1,6 millions de personnes atteintes et des taux d’occupation des lits de réanimation par des patients souffrant de la Covid-19 qui oscillent entre 44% et 120% dans nos régions. Les personnes à risque de formes graves, y compris les plus jeunes, peuvent légitimement être effrayées, sachant que 36% des patients en réanimation ont moins de 65 ans. Une part importante d’entre eux va décéder et les autres pourraient connaitre des suites lourdes et des séquelles à long terme.

D’autant plus que le droit qui les protège est instable depuis la parution du décret du 29 août suspendu le 15 octobre par le Conseil d’Etat , entrainant de fait un retour au décret du 5 mai, sauf pour les proches cohabitants. Ils ont quant à eux perdu l’accès à tout dispositif spécifique de protection. Leur situation est d’autant plus difficile que le télétravail « obligatoire » dans le cadre du confinement ne concerne qu’une minorité d’entre eux. Les autres, contraints au travail en présentiel, courent le risque quotidien d’infecter leur proche.

L’appel du Ministre de la Santé et du Directeur Général de la Santé à protéger les personnes fragiles qui seront les « hospitalisés de demain »

Messieurs Olivier Veran et Jérôme Salomon ont appelé hier soir à protéger les personnes fragiles qui seront les « hospitalisés de demain ». Le Conseil scientifique a, quant à lui, dans son avis actualisé le 28 octobre, fait état d’une situation sanitaire critique et a fixé comme premier objectif stratégique et enjeu majeur de santé publique la protection des personnes à risque de développer une forme grave de la Covid-19, avec une limitation drastique des contacts sociaux, voire un auto confinement volontaire, pour permettre de limiter les hospitalisations et les décès. Les dispositifs actuels concernant les travailleurs vulnérables et proches de personnes vulnérables ne sont pas cohérents avec ces appels légitimes à la protection la plus stricte et doivent être revus d’urgence.

Que demandent nos associations ?

Les associations de patients et d’usagers de la santé font appel à la responsabilité de l’État et à la cohérence politique, pour prendre les mesures urgentes qui s’imposent permettant à l’ensemble des travailleurs à risque, identifiés selon les connaissances scientifiques les plus récentes, ainsi qu’aux personnes résidant sous le même toit qu’une personne vulnérable, d’avoir les moyens d’être protégés efficacement, notamment en ayant la possibilité de ne pas se rendre sur leur lieu de travail.

Le télétravail doit être privilégié quand il est possible. Mais, lorsqu’il n’est pas envisageable, il est essentiel qu’un dispositif permettant un maintien durable et suffisant des revenus, quel que soit le statut des travailleurs, soit accessible, comme ce fut le cas jusqu’au 31 août dernier.

Les personnes à risques de formes graves engagent leur survie dans cette deuxième vague. Seule la solidarité nationale leur permettra de traverser en sécurité les prochaines semaines et mois dont on mesure encore mal l’ampleur des conséquences sanitaires. Des mesures cohérentes doivent être proposées devant cette deuxième vague qui s’annonce plus importante que la première.

Contact presse : Sophie BANCET – 01 53 62 40 37/ 06 18 13 66 95 – communication@france-assos-sante.org

Pour retrouver la version originale du communiqué de presse datant du 06 novembre 2020, cliquez ici.

Communiqué de presse France Assos Santé du 29 octobre 2020

Nouveau confinement : France Assos Santé se mobilise pour la prise en charge de tous les patients, Covid-19 et maladies chroniques

Après les effets collatéraux de la 1ère vague sur les patients atteints de maladies chroniques et les personnes à risque, tout doit être mis en oeuvre pour réussir à prendre en charge les patients atteints de la COVID-19, tout en maintenant l’accès aux soins pour tous et en protégeant les plus vulnérables. A la veille d’un nouveau confinement, France Assos Santé entend jouer un rôle majeur dans la gestion de la crise, au plus près des patients et en lien avec les établissements et les professionnels de santé.

La dégradation rapide de la situation sanitaire en France et partout dans le monde ces dernières semaines a amené le gouvernement à prendre des décisions graves qui ont été annoncées hier soir aux Français par le Président de la République.

Force est de constater que la deuxième vague de la pandémie touche l’ensemble de notre pays et toutes les tranches d’âges de la population. Nous assistons jour après jour à l’augmentation des hospitalisations et des entrées en réanimation liées à des formes graves de la Covid-19, avec les conséquences redoutées pour l’ensemble des patients souffrant d’autres pathologies.

France Assos Santé ne peut que déplorer ce constat, malgré les mesures appliquées depuis mi-mars 2020.

Dans cette situation, les nouvelles mesures annoncées hier par le Président de la République nous apparaissent nécessaires pour protéger la santé de nos concitoyens, même si elles auront inévitablement un impact sur nos modes de vie et sur notre économie.

Nous serons vigilants sur les effets produits par les nouvelles décisions gouvernementales dans les prochaines semaines et nous continuerons de nous mobiliser sans faille pour garantir la continuité de l’accès aux soins pour tous et le respect du lien avec les plus âgés. D’ores et déjà, nous prenons acte avec satisfaction de l’attention portée aux personnes résidant en EHPAD et de la décision de ne pas les couper totalement de leurs proches.

Nos priorités sont :

– Permettre aux patients présentant des formes évolutives de la COVID-19 d’être pris en charge correctement. Ces personnes doivent disposer d’un suivi et d’une surveillance adaptés, notamment en EHPAD et à domicile (oxygénothérapie). A cette fin, il faut envisager la mobilisation rapide de prestataires en santé au niveau des soins primaires, en coordination avec les professionnels libéraux et plus particulièrement les médecins traitants ;
– Par ailleurs, nous demandons aux médecins et aux ARS de garantir la continuité des soins et des parcours, y compris grâce au recours à la télémédecine et à la télésurveillance, et à assurer les déprogrammations dans le strict cadre du nécessaire. Nous mobiliserons notre réseau de représentants pour que chaque établissement veille à garantir une juste information des patients sur les disciplines ou les actes concernés.

France Assos Santé jouera un rôle majeur aux côtés des pouvoirs publics et des soignants dans la gestion de cette crise sanitaire sans précédent pour faire entendre les besoins et le vécu de tous les patients et des usagers, de leurs proches et pour garantir la protection de toutes les personnes vulnérables.

Contact presse : Sophie BANCET – 01 53 62 40 37/ 06 18 13 66 95 – communication@france-assos-sante.org

Pour retrouver la version originale du communiqué de presse datant du 8 septembre 2020, cliquez ici.

Novembre 2020 : Écoute téléphonique en remplacement des permanences fermées

Les permanences de SOS Hépatites Alsace-Lorraine sont fermées en raison du reconfinement mais sont remplacées par une écoute téléphonique au 07 83 71 57 68. Ce numéro est ouvert durant les heures prévues pour les permanences tous les :

– Lundi de 14h à 19h
– Mercredi de 14h à 19h
– Jeudi de 13h à 18h.

N’hésitez pas à nous contacter par mail également si vous ne pouvez pas appeler : alsace.lorraine@soshepatites.fr

[France Assos Santé] Personnes à risque : Nouvelle saisine du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) – Les associations de patients et d’usagers demandent à être entendues

Suite à la suspension par le Conseil d’Etat du décret du 29 août ayant restreint la liste des personnes à risque pouvant bénéficier du chômage partiel, le gouvernement a de nouveau saisi le Haut Conseil de la Santé Publique à des fins de réactualisation de cette liste.

Dans un courrier du 26 octobre adressé au Président du HCSP, France Assos Santé demande que les associations de patients et d’usagers soient auditionnées dans le cadre de cette nouvelle saisine, afin que nos demandes soient prises en compte :

  • Une liste de critères de vulnérabilités cohérente au regard des données robustes actualisées, tenant compte des manquements de la liste antérieure qui excluait notamment les maladies rénales sévères ni dialysées ni greffées.
  • Le retour de la protection des proches vivant sous le même toit qu’une personne vulnérable, auxquels la même protection doit être proposée, afin qu’ils ne se trouvent pas dans la situation de la contaminer et donc de mettre directement sa vie en danger.
  • La reconnaissance du droit, pour les médecins prescripteurs, de s’appuyer sur des consensus d’experts pour protéger des personnes « hors liste », notamment lorsque celles-ci sont concernées par des maladies rares ou cumulent des facteurs de comorbidités et/ou de vulnérabilités sociales dont l’impact a été évalué par la DREES.
  • Le respect du principe de précaution au nom duquel tout retrait de la liste antérieure doit être motivé par l’existence de données robustes le permettant.
  • L’accès au chômage partiel doit être garanti sauf à ce que les personnes à risque de forme grave de Covid-19 et leurs proches cohabitants puissent poursuivre leurs activités professionnelles à distance, le télétravail doit être opposable, y compris à temps plein lorsque le poste s’y prête.
  • Pour protéger les personnes à risque de forme grave de Covid-19 qui souhaitent reprendre leur travail sur site, un accompagnement systématique par le service de santé au travail est nécessaire, tout comme la prise en charge de transports individuels dans certaines conditions et la mise à disposition de masques, y compris de type FFP2 si nécessaire.
  • Une attention particulière doit être portée aux travailleurs indépendants qui, bien souvent et compte tenu du niveau actuel de leur indemnisation, n’ont pas d’autres choix que le retour au travail sur site(s).

Cette demande s’inscrit dans un enjeu de démocratie en santé mais surtout de santé publique et de cohérence politique.

Article original : https://www.france-assos-sante.org/actualite/personnes-a-risque-saisine-hcsp-les-associations-patients-usagers-demandent-a-etre-entendues/

COVID-19 et grippe saisonnière

France Assos Santé demande que soit rétablie en urgence l’obligation vaccinale antigrippale* de tous les professionnels de santé au contact des patients et usagers.

Chaque année le virus de la grippe saisonnière sévit dès le début de l’automne jusqu’au printemps et provoque entre 8 et 15 000 décès prématurés. Sans vaccin, la même épidémie aurait été responsable d’au moins 20 à 30 000 morts.

Cette année et l’année prochaine, la poursuite de l’épidémie de COVID-19, et les risques de rebonds successifs, peuvent provoquer la saturation des capacités d’hospitalisation en réanimation et accroitre encore les pressions sur les soins primaires et les services d’urgence.

Dans ce contexte, France Assos Santé soutient une politique vaccinale antigrippale ferme et sans ambiguïté afin d’affronter l’épidémie grippale 2020-2021 et le risque majeur de « cumul » avec la COVID-19.

En l’absence d’une couverture vaccinale suffisante, de nombreux patients présentant des formes graves de la grippe risquent de ne plus trouver de place dans les hôpitaux. Or la vaccination anti grippale a fait ses preuves et son bilan bénéfice-risque lui est favorable.

La mise en place urgente d’une forte campagne de vaccination en direction de toute la population, en particulier des plus fragiles et des plus exposés, est nécessaire, mais ne suffira pas.

France Assos Santé demande que soit rétablie en urgence l’obligation vaccinale antigrippale de tous les professionnels du système de santé, du secteur médico-social, et son élargissement à tous les professionnels prenant en charge un soutien à domicile des personnes âgées ou en situation de handicap.

Dans ce contexte, France Assos Sante demande par ailleurs la prise en charge à 100% par l’Assurance maladie du vaccin contre la grippe pour l’ensemble de la population.

France Assos Santé alerte sur la gravité de la situation et sur les conséquences catastrophiques éventuelles d’une vaccination antigrippale insuffisante sur l’ensemble de la population confrontée aujourd’hui à l’épidémie de COVID-19.

On ne pourra pas dire que l’on ne savait pas !

Contact presse : 01 40 56 98 80 – communication@france-assos-sante.org

Pour retrouver la version originale du communiqué de presse datant du 25 septembre 2020, cliquez ici.


*Suspendue en 2006 par décret (n° 2006-1260 du 14 octobre 2006)

16 Septembre : Journée mondiale du préservatif interne

Le 16 Septembre 2020, nous célébrons l’outil de prévention auparavant appelé « préservatif féminin« , désormais dit « préservatif interne » car il n’est pas réservé qu’aux femmes ! En effet, toute personne, peu importe son identité et ses pratiques, peut également l’utiliser comme moyen de protection lors de rapports vaginaux et anaux !

Le préservatif interne, c’est quoi ?

Le préservatif interne est composé de polyuréthane ou nitrile, il représente donc une parfaite alternative pour les personnes allergiques au latex. Constitué d’une extrémité fermée et une extrémité ouverte, il est placé à l’intérieur du vagin  et empêche les spermatozoïdes de pénétrer dans l’utérus. Comme il n’y a pas de contact direct entre le pénis et la muqueuse vaginale et/ou anale, le préservatif interne – tout comme le préservatif externe – protège également contre l’Hépatite B, le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles (IST).

Comment l’utiliser ?

Les deux extrémités du préservatif interne sont munies d’un anneau flexible. L’anneau à l’extrémité fermée est à insérer. L’autre anneau est placé à l’extérieur et recouvre les organes génitaux externes.

Le préservatif interne doit être suffisamment enduit d’un lubrifiant avant l’insertion et est à usage unique. Le préservatif interne à lui seul est une bonne protection : s’il est utilisé en même temps qu’un préservatif externe, cela risque d’abîmer les matières et donc le niveau de protection est insuffisant.

Où le trouver ?

Le préservatif interne est considéré comme un contraceptif aussi sûr que le préservatif externe, mais il n’est pratiquement jamais utilisé. En France, il peut être acheté dans les pharmacies, ou mis à disposition gratuitement par certains lieux de prévention comme les associations et les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). Vous souhaitez plus d’informations ou vous en procurer ? Venez à SOS Hépatites Alsace Lorraine, nous vous en distribuerons !

Le préservatif interne est le seul outil permettant aux femmes de se protéger des infections sexuellement transmissibles (IST). Cela est important, par exemple, si le partenaire n’est pas prêt à utiliser un préservatif externe. Le préservatif interne peut être inséré avant le rapport sexuel.

Pour plus d’informations sur le préservatif interne et son utilisation, rendez-vous sur : www.preservatif-feminin.com !

 

Pénuries de médicaments et de vaccins : pas de stocks en vue

France Assos Santé et ses associations membres, historiquement mobilisées contre les pénuries de médicaments et de vaccins, s’inquiètent de la mise en oeuvre effective des mesures pourtant votées par la représentation nationale en décembre 2019. Nous demandons que le décret obligeant les industriels à constituer un stock de sécurité de médicaments soit rapidement publié, conformément à la loi votée par les parlementaires en décembre 2019.

Janvier 2019 : France Assos Santé publiait les résultats d’une enquête exclusive réalisée par l’institut BVA auprès d’un échantillon de 955 personnes représentatif de la population française qui pointaient les difficultés récurrentes d’accès à certains vaccins et médicaments pour des millions de Français et leurs conséquences directes sur leur santé et leur qualité de vie.

En septembre 2019, nous avions salué les mesures de lutte contre les pénuries annoncées par le Premier ministre qui témoignaient d’une prise de conscience manifeste du gouvernement quant à l’ampleur du problème.

En décembre 2019, un ensemble de mesures était voté par la représentation nationale dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. Ces mesures avaient fait l’objet d’un article spécifique voté à l’unanimité à l’Assemblée nationale, au cours d’un scrutin public.

Septembre 2020 : un an après les premières annonces et alors que les difficultés d’approvisionnement en produits de santé invitaient à accélérer le pas, les principales mesures ne sont toujours pas mises en oeuvre.

Parmi celles-ci, l’obligation pour les industriels de créer un stock de sécurité constituait pourtant une avancée notable, demandée historiquement par le secteur associatif.

Qu’attend-t–on ? Du courage politique

Le décret nécessaire à la mise en œuvre du dispositif est actuellement en attente : l’industrie pharmaceutique met aujourd’hui tout en œuvre pour en diminuer la portée.

Devant l’ampleur inégalée des pénuries de médicaments, nous considérons :

  • Que le décret permettant la constitution de stocks de sécurité de médicaments et de vaccins doit être publié sans attendre.
  • Que le dispositif prévu par la loi constituait déjà le fruit d’un compromis en précisant que ces stocks ne pouvaient excéder quatre mois de couverture des besoins.

La demande des associations doit être entendue, à savoir l’obligation pour les industriels de constituer des stocks de sécurité correspondant à :

– 4 mois de couverture des besoins pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur mentionné à l’article L5111-4 du code de la santé publique ;

– au moins 2 mois de couverture des besoins pour tout autre médicament.


Plus largement, nous considérons que les mesures annoncées par le premier Ministre, votées par la représentation nationale et attendues par nos concitoyens doivent être mises en œuvre en conservant toute leur portée et tout leur sens.

Contact presse : 01 40 56 98 80 – communication@france-assos-sante.org

Pour retrouver la version originale du communiqué de presse datant du 8 septembre 2020, cliquez ici.

France Assos Santé et le Collectif Alerte appellent à prendre des mesures d’urgence pour la santé des personnes en situation de précarité

France Assos Santé et le Collectif ALERTE font état de leurs préoccupations concernant la dégradation de la santé des personnes en situation de précarité et la multiplication des zones de non-droit. À chaque étape de la crise sanitaire du COVID-19, leurs conditions de vie, déjà difficiles, se détériorent encore davantage avec des conséquences souvent dramatiques pour leur santé. À l’aube du déconfinement, et parce que les manquements de l’État se sont accumulés, nous appelons à des mesures d’urgence pour que certaines populations ne soient pas reléguées hors du système de santé.

Des foyers de contamination perdurent et sont susceptibles d’entretenir la pandémie, a fortiori après le déconfinement !

Sans surprise et de façon intolérable, la crise sanitaire et économique a renforcé les inégalités sociales de santé et en a produit de nouvelles qu’il faut anticiper. 

Celles et ceux qui vivent sans ressources, sans logement ou mal-logés, sans papiers, exposés du fait de leurs consommations, sans accès aux besoins essentiels et aux droits fondamentaux, ceux qui devraient attendre de notre société protection et solidarité voient leurs conditions de vie se dégrader encore davantage. Les associations constatent de multiples freins dans l’accès ou le renoncement aux soins et une aggravation de l’état de santé pour nombre d’entre eux : qu’il s’agisse de pertes de chance, d’augmentation du nombre de décès – notamment dans la rue -, de malnutrition.

Une situation alarmante, souvent liée à des défaillances du service public : l’accès aux droits est difficile faute de continuité des services publics en présentiel, de capacité de ces populations à faire des démarches, notamment numériques, multipliant les points de rupture dans les parcours de santé.

Une double peine pour des personnes dont les effets du confinement sont déjà décuplés par des conditions de vie pathogènes.

Alors que les remontées de terrain s’accumulent et face au manque criant de données objectives, France Assos Santé et le collectif ALERTE font part de leurs plus vives inquiétudes quant à la dégradation de l’accès aux soins et à la santé des plus précaires ! Tandis que le déconfinement s’organise, nous appelons les pouvoirs publics à agir de toute urgence :

  • En garantissant (enfin) l’accès aux droits pour les personnes en situation de vulnérabilité sociale

L’accès aux droits et à la santé doit être simplifié et amélioré, quel que soit le statut administratif des personnes, notamment en maintenant les facilités mises en place pendant la crise du COVID-19 (demandes d’asile, Aide Médicale d’Etat, Complémentaire Santé Solidaire, Puma etc..), et en accélérant le traitement des dossiers. Il est également indispensable de revenir sur les mesures prises fin 2019, visant à restreindre l’accès à l’AME et l’accès à la PUMA des demandeurs d’asile. Elles ne sont pas compatibles avec les impératifs de santé publique, soulignés aujourd’hui par la crise sanitaire.

Les personnes doivent pouvoir bénéficier d’un plan global de soutien financier et d’un recours facilité aux équipes de soins et de suivi.

Enfin, une plateforme médico-sociale doit être mise en place afin de leur proposer un dépistage, les informer sur leurs droits, les aider dans leurs démarches, centraliser les dossiers. La médiation en santé doit être développée pour y contribuer.

  • En instaurant une stratégie globale et massive de dépistage en direction des personnes en situation de précarité et vulnérabilité, et pas seulement auprès de celles qui ont été mises à l’abri ou hébergées en centres collectifs, et en mettant à leur disposition des masques gratuitement
  • En reconnaissant le rôle des associations qui pallient les manquements de l’Etat

La reconnaissance du rôle majeur des associations dans la gestion de la crise auprès de ces publics vulnérables impose la consultation systématique de celles-ci lors des prises de décision. Il faut faciliter et soutenir leurs actions, en accordant les financements nécessaires afin qu’elles puissent accompagner, faire le lien, « aller vers », assurer une information adaptée, indispensable à un déconfinement progressif. Pour les collectivités territoriales et l’État, il est urgent de capitaliser les expériences associatives afin de construire un plan de prévention en amont de toute crise (construire et assurer la mise en œuvre des réponses aux besoins fondamentaux).

  • En mettant un terme à toutes les formes de discriminations liées à la situation de crise

La prise en charge de la santé des individus sur notre sol en ces temps de pandémie doit éthiquement être égalitaire, non discriminante, retrouvant les principes de notre humanité première.

Pour retrouver la version originale du communiqué de presse datant du 5 mai 2020, cliquez ici.